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les peuples
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Anton et les
Tchouktche


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des enfants
Anton est un petit garçon de 7 ans. Les Tchouktche, un peuple d'éleveurs de rennes semi-nomades, vivent à l'extrême nord de la Sibérie. Les hivers sont longs et froids, avec des températures atteignant moins 50°C. Seuls quelques animaux peuvent survivre ici : le renne, le renard arctique, l'ours et quelques espèces d'oiseaux et de poissons.

Le renne fournit aux Tchouktche pratiquement tout ce dont ils ont besoin pour leur subsistance. En été, Anton porte des pantalons de laine et des vestes épaisses, mais en hiver il porte des vêtements en peau de renne qui sont plus chauds, et par-dessus une longue chemise imperméable fabriquée en intestin de morse. Lorsqu'il fait très froid les manches sont cousues pour ne pas perdre de chaleur.

> L'habitat

Anton vit dans un uranga, sorte de tente constituée de piliers en bois, liés au sommet et couverts de peaux de renne. Le sol est recouvert de mousse et de fougères. Les urangas sont conçus pour pouvoir être montés et démontés rapidement afin de suivre les rennes dans la toundra. Les Tchouktche utilisent des traîneaux en bois, appelés narts pour transporter leurs biens. Chaque uranga nécessite 30 narts pour la transporter. Parfois les Tchouktche utilisent des vistahots (motoneiges). Cependant l'essence est chère et il est difficile de réparer les moteurs lorsqu'ils tombent en panne.

Anton vit avec ses parents, Vera et Vassa, et 5 autres personnes de sa communauté qui compte 19 membres, élevant environ 4 000 rennes. En hiver, un feu brûle nuit et jour dans l'uranga, le gardant chaud et enfumé. Le ramassage du bois peut prendre plusieurs heures par jour car seuls de petits arbustes peuvent pousser dans ce froid intense.

> La nourriture

Les Tchouktche mangent de la viande de renne, le plus souvent bouillie; ils font aussi du pain, de la soupe et boivent du thé. La langue de renne est un plat très recherché, ils mangent aussi les yeux et la cervelle crus. En octobre, au début de l'hiver, la communauté emmène les rennes à Amguema. Quelques rennes sont abattus et échangés contre du riz, des pâtes, des pommes de terre déshydratées, du thé et de l'essence.

> Les jeux

Les Tchouktche ont appris à élever les rennes en imitant leurs aînés. Les enfants jouent en faisant semblant d’attraper des rennes : ils forment un grand cercle, l'un d'entre eux est au milieu et court comme un renne, les autres essaient de l'attraper au lasso. Le vainqueur est le premier qui l'attrape. Les lassos sont confectionnés avec des lanières de peau de renne, enroulées ensemble pour former une solide corde.

> Rituel

Le festival du jeune renne est l'un des événements spirituels les plus importants de l'année pour les Tchouktche. Il dure plusieurs jours. Le "feu gardien" est allumé tôt le premier jour et jeté par la suite sur le troupeau de rennes comme une offrande. Les Tchouktche disent que c'est le feu qui a donné naissance au premier renne. Des prières sont chantées à l'adresse des rennes et de la terre pour les remercier de fournir leur nourriture. Ils préparent un repas exceptionnel, estomacs de renne et intestins fumés, qu'ils offrent à la terre puis au renne. Pendant les soirées, ils chantent sur l'histoire et les esprits des Tchouktche, accompagnés d'un tambour spécial (en boyau d'otarie tendu sur du bois).

Le troisième jour du festival, on fabrique un yaourt spécial pour les enfants avec le lait d'une jeune renne. On ne peut traire les rennes à la main car leurs mamelles sont trop petites, le lait est donc récupéré avec la bouche, puis craché dans des outres fabriquées en estomac de renne. Celles-ci sont attachées ensemble et bouillies dans une grande marmite. (Une fois cuite, elles sont ouvertes dans une assiette en bois et le yaourt est mangé à la petite cuillère.)

> L'organisation politique

Avant l'arrivée des Soviétiques dans les années 1930, les Tchouktche vivaient en groupe familial. Mais après 1957, ils ont été divisés en brigades dirigées par un chef de brigade tchouktche responsable de l'approvisionnement en nourriture et en essence et supervisant la bonne garde des rennes. Les troupeaux de renne ont été collectivisés.

Les enfants apprennent tôt à respecter les rennes. Les plus âgés conseillent les autres et leur rappellent ce que signifie vivre en Tchouktche. Cependant les individus, y compris les enfants sont encouragés à prendre leurs propres décisions sur leur avenir. Chacun est responsable de ses propres actions, même s’il y a beaucoup de coopération entre eux pour la garde du troupeau et les déplacements du camp. Au sein du groupe, les femmes guident les rituels et les cérémonies et sont généralement influentes et respectées.

> Problèmes

Avant les années 1930, les Tchouktche vivaient en paix depuis 3000 ans dans la toundra. En 1937, les géologues soviétiques ont découvert de l'étain dans les montagnes au nord d'Amguema et ont construit une ville minière (Lultin) et le port d'Egvekinot. Une route de 200km qui traverse le territoire tchouktche a également été construite pour relier les deux villes.

Des années cinquante jusqu’à récemment, la loi obligeait les parents tchouktche à envoyer leurs enfants dans des écoles russes, maintenant ce choix leur appartient, mais la majorité d’entre eux continuent à envoyer leurs enfants à l’école. Les enfants tchouktche y apprennent à lire et à écrire en russe plutôt que dans leur propre langue. Ceci entraîne une rupture entre les générations : souvent, les gens les plus âgés ne parlent que le tchouktche et les plus jeunes ne parlent que russe.

Durant la même période, on obligea certaines communautés nomades à s’installer dans des régions impropres à la pâture des rennes, ce qui les rendit dépendants des salaires et subsides de l’État. Suite à l'effondrement de l'Union soviétique et à la détérioration de l'économie, la population russe quitte progressivement la zone pour retourner dans sa région d'origine. La mine de Lultin a fermé. La plupart des enseignants russes sont partis, et il n'y aura bientôt plus d'école à Amguema.

L'avenir des Tchouktche est incertain. La langue tchouktche est menacée car de moins en moins de jeunes tchouktche la parlent couramment. Leur situation économique est précaire.


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