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Esimba est un Pygmée ba-aka. Les Ba-aka sont aussi parfois appelés Bambendjelle ou Aka, ils sont environ 10 000 en République centrafricaine et au nord du Congo. Il a 10 ans et vit avec sa famille étendue près de la rivière Sangha, dans la forêt équatoriale au nord du Congo. Les jours y sont souvent chauds et ensoleillés, les nuits fraîches.

Les Ba-aka croient que lorsque Dieu a fait le monde, il les a directement placés dans leur forêt ; ils étaient les premiers à vivre ici. La forêt est leur foyer et produit tout ce qui est nécessaire à leur survie. Les Ba-aka et d'autres peuples Pygmées sont de plus petite taille que la plupart des autres peuples. La taille moyenne d'un homme ba-aka est de 1,50 m, bien que certains soient plus grands.

> L'habitat

Esimba dort avec sa famille dans une hutte circulaire et basse, mais il passe la majeure partie de son temps éveillé dehors. Sa mère a construit leur maison en utilisant des branches flexibles. Chacune est ployée en arc de cercle, puis elles sont liées ensemble pour former une structure en dôme. De grandes feuilles couvrantes sont ensuite attachées à l'extérieur de la structure pour la rendre imperméable. Esimba dort sur une natte. Sa famille possède peu de biens afin d'avoir moins à transporter lorsqu'elle change de campement.

Les Ba-aka sont semi-nomades. Dans le campement d'Esimba vivent en permanence une cinquantaine de personnes, mais ce nombre diminue fortement lorsque les hommes partent pour les grandes chasses. Tous les quelques mois, le village entier déménage pour s’installer dans une autre partie de la forêt où il y a plus de gibier à chasser et de plantes à cueillir.

> La nourriture

Les Ba-aka ont une très grande connaissance de la forêt, ce qui leur assure une nourriture abondante et variée toute l'année. Ils peuvent reconnaître les chemins des animaux lorsqu'ils chassent et localiser les ruches à partir du vol des abeilles pour en collecter le miel, leur aliment favori. Lorsqu'ils chassent, les hommes se déplacent sans bruit dans la forêt et communiquent par des signes de la main.

Le régime des Ba-aka comprend de la bemba (une sorte d'antilope), du cochon sauvage, du buffle, du poisson, du miel, des noisettes, des bananes plantain, des champignons, des baies et des fruits. Les femmes connaissent les cycles de floraison et de maturation de centaines de plantes qui sont cueillies pour se nourrir ou se soigner. Rien n'est gaspillé et la majeure partie de la nourriture est partagée avec les voisins.

Lorsque les Ba-aka savent qu'ils vont rester dans un campement plusieurs mois, certains plantent de petits jardins de maïs et de manioc. Parfois ils échangent avec les fermiers locaux de la viande ou du poisson contre de l'huile de palme, du sel ou des vêtements.

> Les jeux

Les enfants ba-aka apprennent tous les savoir-faire dont ils auront besoin à l'âge adulte en jouant et en observant leurs aînés. Les garçons fabriquent des arcs et des flèches pour chasser les oiseaux, les insectes, et d'autres petites bêtes près du campement. Les filles apprennent, en imitant leur mère, à ramasser les plantes comestibles et à construire de petites maisons pour jouer dedans. Elles y invitent les garçons et lorsqu'ils réussissent à chasser un petit animal, ils rôtissent la viande sur un feu à côté de la hutte, comme leurs parents.

Les enfants se déguisent aussi en Bolu, l'esprit de la forêt qui est leur ami. Les garçons appellent Bolu à sortir de la forêt et le couvrent de feuillage. Les filles l'appellent dans le campement avec de magnifiques chants. Bolu donne aux enfants du pouvoir sur les adultes pour qu’ils leur obéissent.

> La musique

La musique et la danse sont importantes pour les Ba-aka : à travers elles, ils peuvent s’adresser aux esprits et aux animaux de la forêt. Avant une grande chasse, les femmes entonnent un magnifique chant ioulé (ou yodlé) appelé un yelle pour attirer l'esprit de l'animal à chasser. Elles indiquent aux hommes où ils trouveront le gibier.

Les Ba-aka célèbrent également une chasse victorieuse par des chants et des danses pour en assurer de meilleures dans l'avenir. Les matières premières dont sont faits les instruments de musique proviennent de la forêt. Une harpe à une seule corde appelée geedal est faite d'une liane tendue entre les deux extrémités d'une longue et fine branche. Les Ba-aka fabriquent aussi des tambours avec des troncs d'arbres creux et des peaux d'animaux.

> L'organisation politique

Le peuple ba-aka n'a pas de chef ou de gouvernement, mais il existe un système de droit coutumier sur les territoires forestiers dans lesquels ils vivent et chassent. Chacun est responsable de ses propres activités; mais la coopération pour la chasse, la musique, les danses et la garde des enfants est très importante. C'est souvent l'humour et les rituels - ou bien la séparation - qui permettent de surmonter les querelles et les disputes.

Ce sont les personnes âgées qui ont le statut le plus élevé : hommes ou femmes, les aînés sont les piliers du groupe. Ce sont eux qui arbitrent les disputes dans le village, qui rappellent aux autres ce que signifie être un Ba-aka, qui ont la meilleure connaissance de la forêt, et qui guident les rituels et les cérémonies.

> Problèmes

90% de la forêt équatoriale dans laquelle vit Esimba font l'objet de demandes de concession de la part de compagnies forestières. L’exploitation forestière, tout en détruisant la forêt, prive les Pygmées de la flore et de la faune dont ils dépendent et ouvre de nouvelles routes par lesquelles pénètrent chasseurs commerciaux et colons. Ces chasseurs anéantissent le gibier pour répondre à la demande des zones urbaines et les colons aggravent la déforestation en accaparant la terre pour la cultiver.

À cause de cela, les animaux et les oiseaux fuient vers des zones plus calmes de la forêt et les Ba-aka doivent eux aussi se déplacer de manière à pouvoir continuer à se nourrir correctement. Ces endroits préservés deviennent de plus en plus rares.


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