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les peuples
indigènes

Guiomar et
les Yanomami

Esimba et
les Ba-aka

Anton et les
Tchouktche


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des enfants
La situation actuelle des peuples indigènes dont Survival défend la cause est, dans la grande majorité des cas, le produit de faits historiques : colonisations et (ou) conquêtes. Citons, parmi les peuples les plus connus, les Indiens des Amériques, les Aborigènes d'Australie, les Pygmées de l'Afrique centrale bantoue, les montagnards de l'Asie du sud-est, les Saami (autrefois appelés Lapons) de l'extrême nord européen. Ils sont sur tous les continents et représentent environ 300 millions d'êtres humains.

Englobés dans des États dont ils ne sont, dans la plupart des cas, pas partie prenante, dont les lois et les institutions leur restent étrangères, dont ils ne comprennent ni la langue ni les mœurs, dont ils ne partagent pas les croyances et les systèmes de valeurs, ces peuples minoritaires sont marginalisés politiquement, économiquement, culturellement. Si certains d'entre eux (en Amazonie par exemple) ont pu pendant des siècles vivre dans un isolement relatif (jamais absolu) qui les a quelque peu protégés, l'expansion économique mondiale des pays industriels, la volonté d'exploitation intensive de toutes les ressources de la planète attaquent aujourd'hui en tous lieux leurs territoires, leur environnement, leurs moyens d'existence, leur mode de vie.

Le droit à la possession collective ou individuelle de la terre des peuples indigènes a fait son apparition dans le droit international avec l'article 11 de la Convention 107 (1957) de l'Organisation internationale du Travail; la Convention 169 (1989) l'a complétée en reconnaissant le droit de ces peuples à 'exercer leur contrôle sur leurs propres institutions, leurs modes de vie, leur développement économique, à maintenir et développer leurs identités, leurs langues, leurs religions dans le cadre des États où ils vivent'. Il va sans dire que ces droits sont peu respectés, aussi l'Organisation des Nations Unies a-t-elle décrété en 1994 une 'Décennie des peuples autochtones'.

La marginalisation des peuples indigènes ne signifie pas qu'ils sont arriérés ou primitifs ; ils ne représentent ni notre passé ni, d'ailleurs, notre avenir. Ils ne sont pas non plus des peuples naturels car tous possèdent des cultures nourries d'expériences aussi anciennes que les nôtres mais autrement orientées, autrement utilisées, élaborées toujours. Ils sont différents parce qu'avant l'homogénéisation (relative) que nous connaissons aujourd'hui toutes les cultures humaines ont eu un parcours, une histoire différents, ont donné un contenu différent aux éléments de base constitutifs et communs à toutes les sociétés, éléments - systèmes politiques, économies et techniques, systèmes de parenté, croyances religieuses, conceptualisations du monde - qu'elles ont diversement combinés et avec lesquels elles ont forgé des configurations, des structures sociales qui nous sont étrangères mais point incompréhensibles et qui, comme les nôtres, sont capables d'évolution.

À l'évidence une évolution brutale, exogène, s'accompagnant de la destruction de leurs structures sociales et de leurs modes de vie ne peut qu'anéantir ces peuples non seulement culturellement mais aussi physiquement; c'est pourquoi ils doivent être eux-mêmes les acteurs de la modernisation, c'est-à-dire d'une certaine insertion, notamment économique et politique dans notre monde moderne quand celle-ci est inéluctable. Mais pour qu'ils en aient le choix et la maîtrise il faut que leurs moyens d'existence soient garantis, que leurs institutions fonctionnent; la condition sine qua non en est que leurs droits fondamentaux soient reconnus, en premier lieu leurs droits à la possession et au contrôle des ressources de leurs territoires sans lesquels il n'y a pas de survie.

L'existence, depuis surtout une trentaine d'années, de nombreuses organisations indigènes qui luttent notamment pour la reconnaissance de leur identité et de ces droits, pour la création d'enseignements bilingues (langue indigène/langue nationale), et de services de santé en est une preuve éclatante.

En soutenant ces combats, Survival lutte également pour une meilleure information de l'opinion, dans nos pays, et contre des idées reçues ou des comportements qui sont attentatoires au respect de la dignité des peuples indigènes.

Il nous semble qu'il s'agit là d'une dimension essentielle de l'enseignement, celle de la connaissance des peuples lointains et de l'apprentissage à la tolérance et à l'antiracisme. L'éveil à la différence, à d'autres façons de penser, de vivre, de voir le monde est une tâche primordiale de l'éducation. C'est en effet dès la naissance que se construit la sociabilité, que se forgent, et si l'on n'y prend garde, que se figent les comportements et que peuvent être endigués l'intolérance, les préjugés, le racisme.

L'image que nous avons d'eux a été façonnée par les mythes sur leur sauvagerie (qui ont servi à justifier leur conquête) ou les idéaux romantiques de l'"homme à l'état de nature" (qui ont leur origine dans la mythologie européenne et resurgissent maintenant dans le mouvement écologiste). Pourtant : - Ils constituent une large part de l'humanité. - Ils représentent la plus grande diversité de réponses aux problèmes posés à l'homme dans son environnement. En effet, il est difficile de penser ce qui fait notre humanité - ce qui est inhérent à la nature ou à la culture - sans la connaissance de cette étonnante diversité. - Si nous pouvons accepter les sociétés indigènes qui sont si différentes de nous, nous serons peut-être plus aptes à accepter nos propres voisins, qui peuvent également avoir des croyances et des modes de vie différents des nôtres. Le respect des peuples indigènes implique une éthique de la tolérance, profondément antiraciste.

Pour ces raisons, les enfants en France devraient pouvoir accéder à une juste représentation des peuples indigènes. Cette mallette pédagogique a choisi trois peuples pour illustrer cette diversité: les Indiens Yanomami de la forêt amazonienne, les Pygmées Ba-aka d'Afrique centrale, et les Chukchee, un des 'petits peuples' de Sibérie. Vivant dans trois continents différents et sous des climats extrêmes, ces peuples nous montrent un aspect de l'ingéniosité et de l'adaptabilité humaines. Pour chaque peuple, nous avons choisi un enfant. Survival a élaboré la présentation de chaque communauté et de chaque enfant à travers des posters et une correspondance fictive. Mais les enfants eux-mêmes, leur nom, et leur histoire sont bien réels.


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